La pression de créer du contenu + comment la relativiser

The pressure of creating content as a fashion blogger

Créer du contenu est la partie plaisante du métier de blogueur. C’est le moment où nous pouvons mettre à profit notre créativité, notre oeil et notre vision, l’instant où nous pouvons nous amuser avec notre caméra, nous exprimer avec les images, les mots et les idées.

Qu’arrive t-il lorsque la création de contenu devient plus stressante qu’excitante? Que peut-on faire lorsque le plaisir de créer que nous ressentions n’est plus aussi fort et qu’il fait place à la pression de la performance?

Cela m’est arrivé l’année dernière et ce ne fut pas facile à admettre. J’étais très malade et je ne réussissais pas à trouver la source du problème. J’ai vu plusieurs docteurs jusqu’à ce qu’un neurologue m’avoue que « mon corps subissait trop de stress et que cela se répercutait sur ma santé ». Je ne pouvais pas y croire, qu’est-ce que je faisais dans mon quotidien qui pouvait m’apporter autant de stress? Je faisais enfin le métier que je voulais faire depuis des années, j’ai une super famille, de nombreux amis, bref rien qui ne criait « stress » jusqu’au point d’en tomber malade.

Quelques jours plus tard, j’ai découvert un article sur le New York Times intitulé « the blogger burnout » (le burnout du blogueur). Bien que je ne m’identifiais pas à 100% des énoncés de l’article, celui-ci a engendré une réflexion chez moi. J’avais commencé, malgré moi, à mettre trop de pression sur la création de contenu, sur comment mes photos devaient être parfaites, sur combien de fois je devais poster par jour sur mon blog, mon Instagram. Cela n’est peut-être pas apparent de l’extérieur, mais le monde du blogue est très compétitif, et cela crée une urgence d’imaginer du contenu professionnel à un rythme extrêmement rapide. Plusieurs personnes croient que créer un Instagram implique 2 secondes de travail. Combien de fois ai-je entendu des phrases telles que « mais tu n’as qu’à mettre les pièces de vêtements sur ton lit tu prends une photo et poof on en parle plus ». Créer du contenu (de qualité!) prend bien plus que 2 secondes, voire 2 minutes et maintenir un blogue professionnel est définitivement un emploi à temps plein.

Blogger est aussi le seul métier pour lequel on travaille constamment, tout en devant faire semblant de ne jamais vraiment travailler (ce qui ne fait aucun sens). Tout doit avoir l’air facile, amusant, joli et sans effort. Il faut constamment être présent et être à jour dans les demandes de contenus provenant de notre propre blogue, Twitter, Facebook, Tumblr, Pinterest, Youtube et tout ce qui apparait au jour le jour et demande notre attention (Snapchat!).

Cela fait maintenant plus d’un an que mon docteur m’a diagnostiqué « stressée » et j’ai beaucoup appris depuis. Maintenant que je suis consciente que la création de contenu est mon métier et que cela peut engendrer de la tension, je traite la chose en connaissance de cause. Je m’organise, je ne fais rien dernière minute et je laisse aller ce que je ne suis incapable de contrôler. Étant donné que je n’ai pas le luxe d’avoir un « Instagram husband » qui me suit partout, la clef est vraiment de planifier.

Si vous en venez à ressentir la même chose, si créer ne vous semble plus aussi plaisant que ce l’était au départ, souvenez-vous que personne n’attend sagement à la maison que vous sortiez votre photo Instagram. Gary Pepper a d’ailleurs déjà pris une semaine complète, où elle n’a rien publié sur ses réseaux sociaux. Certes, certains de ses abonnés se sont inquiétés, mais elle ne faisait que prendre du temps pour elle et se concentrer sur ses autres projets. Si elle peut le faire sans qu’il n’y ai de répercutions, on peut tous y adhérer. Bref, à moins que vous n’alliez des billets sponsorisés à l’agenda, sachez que vous pouvez prendre une pause du monde Internet et que vos abonnés ne vont pas en souffrir.

Avez-vous déjà expérimenté ce type de pression? Laissez un commentaire, j’ai envie de connaitre vos histoires!

* Petit ajout: Suite à ce billet, certaines personnes m’ont écrit puisqu’elles étaient concernées par ma santé. Elles me pensaient malheureuse, en burnout ou tout simplement plus en état de recevoir des demandes de travail. Sachez que je suis en pleine forme, heureuse et que je n’ai jamais été en burnout. J’étais seulement stressée, et c’est quelque chose que nous devons tous vivre, peu importe le métier que nous exerçons. xx


Photo prise par Gabrielle Robert

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Lacasse Gabrielle

Gabrielle est la rédactrice en chef de Dentelle+Fleurs. Jeune femme à l’âme créative, passionnée d’écriture et de photographie, elle utilise le web pour partager ses coups de coeur et ses œuvres.